10 03 | 2017

Des cédez-le-passage cyclistes

Written by Tanguy

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Sans doute connaissez-vous déjà ces deux panonceaux. Fixés sur le mât d'un feu de circulation, ils autorisent les cyclistes à passer au rouge pour tourner à droite ou pour continuer tout droit, en cédant le passage.

Panonceau de cédez-le-passage avec un vélo et une flèche vers le haut Panonceau de cédez-le-passage avec un vélo et une flèche vers le haut

Les cédez-le-passage cyclistes : tout-droit, tourne-à-droite

Ces panonceaux ont été largement installés en grand nombre à Paris, mais sont actuellement victimes d'une vague de vandalisme, probablement de la part de pollueurs frustrés. À toutes fins utiles, voici quelques rappels à leur sujet.

Que permet ce panonceau ?

Il permet aux cyclistes de passer au rouge :

en cédant le passage
si des piétons, ou d'autres usagers, sont en train de traverser, on doit donc s'arrêter pour les laisser passer ;
dans la direction indiquée
ou, plus précisément :
  • → = uniquement pour tourner à droite,
  • ↑ = pour aller tout droit où pour tourner à droite, ce qui est rarement possible puisque cette version est généralement utilisée dans des carrefours qui n'ont pas d'embranchement à droite,
  • ←↑ = pour tourner à gauche ou aller tout droit (très rare),
  • ←↑→ = dans toutes les directions (très rare).

Qui est concerné ?

Ces panonceaux concernent les cyclistes, à l'évidence. Mais distinguons tout de même trois catégories particulières :

Les jean-foutre
Certains cyclistes ne respectent ni les feux de circulation ni les autres usagers, et passent habituellement au rouge, forçant au besoin les piétons ou automobilistes à adapter leur conduite. Le cédez-le-passage ne change rien à leur comportement, dans la mesure où ils ne le respectent pas davantage, et ne prennent pas la peine de céder le passage aux autre usagers.
Les paresseux
Un bon nombre de cyclistes ne prennent pas la peine de respecter les feux de circulation qu'ils identifient comme peu dangereux, mais laissent tout de même passer les autres usagers. Ce comportement est précisément celui qu'autorise le cédez-le-passage cycliste, dans ces conditions bien précises.
Les bons élèves
Certains cyclistes respectent largement les feux de circulation, et a fortiori les autres usagers. Ceux-ci ne se permettent de passer au rouge qu'en y étant ainsi autorisé, et en cédant effectivement le passage.

Cette distinction permet notamment d'expliquer ceci : si vous êtes un jour gênés par un cycliste qui s'est permis de passer à un feu rouge muni d'un tel panonceau, en vous refusant la priorité, sachez qu'il en aurait fait de même en l'absence de ce panonceau.

Qui est affecté ?

La rue étant partagée entre tous, les cyclistes ne sont pas les seuls affectés par cette mesure :

  • Les piétons ne sont normalement pas affectés. Si vous traversez bien à votre tour, tous les autres usagers doivent vous céder le passage, qu'ils arrivent en tournant après un feu vert ou en passant au rouge sur une cédez-le-passage cycliste. Si un cycliste essaie de passer malgré votre présence, c'est un malotru, lancez-lui donc une tomate trop mûre ou un œuf pourri.
  • Les cyclistes sont évidemment les premiers affectés, leur principal intérêt en la matière étant que cela leur permet de moins s'arrêter, diminuant ainsi les efforts et raccourcissant un peu les trajets. C'est également un gain en matière de sécurité, puisque cela permet de s'extraire de la reprise du trafic automobile.
  • Les motocyclistes sont peu affectés. Au feu rouge, ceux-ci se placent souvent en première ligne, ou en seconde ligne pour l'infime proportion d'entre eux qui respectent les sas cyclables. Avec un cédez-le-passage, les cyclistes passeront au lieu de rester avec deux, ce qui ne change en somme pas grand chose.
  • Les automobilistes sont en revanche avantagés par le cédez-le-passage cycliste. En effet, sans cela, au rouge, les cycliste se placent habituellement en première ligne. À la reprise du trafic, les automobiles sont alors limités à leur faible vitesse jusqu'à pouvoir éventuellement les dépasser. En revanche, avec ce panonceau, les cyclistes peuvent prendre de l'avance, et, à la reprise du trafic, ne sont plus devant leurs roues mais bien devant, ce qui permet de rouler à plus grande vitesse, jusqu'à les rattraper ou jusqu'au prochain feu rouge.

Comment interpréter un panonceau vandalisé ?

À Paris, mais sans doute également dans d'autres villes, de nombreux panonceaux de cédez-le-passage cycliste ont été vandalisés, probablement par des utilisateurs de moyen de véhicule individuel polluant frustrés de devoir attendre au feu rouge alors que des cyclistes peuvent se permettre de passer. Cette attitude n'est ni justifiée ni utile, étant donné que cette mesure n'ôte rien aux usagers motorisés.

Panonceau de cédez-le-passage gribouillé, dans lequel on devine un dessin de vélo

Un cédez-le-passage cycliste vandalisé

Même ainsi vandalisé, un cédez-le-passage cycliste reste facile à identifier. Il est en revanche plus difficile de déterminer la direction de la flèche, qui est masquée par ce gribouillage. Heureusement, la disposition de l'intersection permet facilement de la deviner. D'une façon générale, ces panonceaux sont conçus pour autoriser le passage dans les directions qui ne présentent pas de danger majeur :

┣ / ╋
s'il y a une rue à droite, il vous permet certainement de tourner à droite, et probablement pas d'aller tout droit ou à gauche ;
┠ / ╉
s'il y a une rue à droite, en sens unique sortant, il vous permet certainement de tourner à droite, et probablement d'aller tout droit ;
┃ / ┫
s'il n'y a pas d'embranchement à droite, il vous permet certainement d'aller tout droit, et probablement pas de tourner à gauche.

1 comment

saturday 11 march 2017 à 07:51 Gilles said : #1

Merci pour ces rappels :)

Pour les sas, c'est une plaie de la part... de presque tout le monde, et je suis automobiliste et très peu cycliste.
Je respecte mais autrui... c'est rare.
Quand je suis (j'étais) cycliste, j'ai souvent appréciés ces "tournez à droite", quitte à trouver que certains carrefours auraient dû en avoir... mais je ne sais pas pourquoi ce n'est pas plus répandu.
A noter : pas de vandalisme par chez moi... (coin paumé ceci-dit, comparé à Paris).

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